Est-ce que c’est le fait de vivre la fidélité qui permet de construire un grand amour ? Ou est-ce que c’est la rencontre d’un grand amour qui donne envie d’être fidèle ?
Hier soir, je suis allée à l’hôtel Grand Amour.
Et j’ai souri en voyant l’adresse : rue de la Fidélité.
Alors une question m’est venue.
Je crois que la fidélité — dans le sens de l’exclusivité amoureuse et sexuelle — est une expérience profondément difficile. Parce qu’elle demande de renoncer.
Et renoncer, pour beaucoup d’entre nous, n’a rien d’évident.
Personnellement, c’est même l’un des exercices les plus compliqués pour moi.
J’aime vivre intensément. J’aime sentir, explorer, rencontrer, vibrer. Alors l’idée du renoncement peut parfois me sembler presque contre-nature.
Mais au fond, je crois qu’on ne renonce jamais “pour renoncer”.
On renonce seulement lorsqu’un désir plus grand nous appelle.
Et ce désir plus grand, parfois, c’est l’amour.
Il y a la fidélité par peur.
La peur de perdre l’autre.
La peur des conséquences.
La peur du conflit, de la séparation, du vide, du jugement.
Alors on reste fidèle comme on respecte une règle.
Mais cette fidélité-là ne m’intéresse plus.
Il y a aussi la fidélité de celui ou celle qui n’a simplement jamais été confronté(e) à une véritable tentation.
Quand personne ne vous attire réellement, quand aucune rencontre ne vient bouleverser votre désir, peut-on vraiment parler de fidélité ?
À mon sens, on commence à faire l’expérience de la fidélité lorsqu’on pourrait vivre autre chose… mais qu’on choisit volontairement de ne pas le faire.
Par amour.
Pas par obligation.
Pas par morale.
Pas par peur.
Mais parce qu’on ressent profondément l’envie d’approfondir la relation.
Choisir quelqu’un, ce n’est pas fermer des portes.
C’est décider d’aller plus loin dans l’intimité.
Plus loin dans la connaissance de l’autre.
Plus loin dans la connexion émotionnelle, sensuelle, sexuelle, spirituelle.
Mais je trouve beau de se raccrocher à l’amour pour agir.
Et peut-être aussi que, dans les périodes plus sèches, lorsque le désir ou l’évidence vacillent, il peut être beau de se raccrocher à la fidélité… pour laisser à l’amour une chance de grandir à nouveau.
Finalement, je crois que les deux chemins existent.
Et si vous en parliez entre vous ? La discussion peut être assez passionnante ! Peut-être que ça fait des années que vous vivez ensemble sans parler de la fidélité qui est devenue un non sujet, comme si ça allait de soi. Et pourtant, la redéfinir et la rechoisir fait partie des indispensables au couple heureux durablement, non ?
Bon week-end,
Thérèse
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